Compte rendu complet

Compte rendu complet : 862 mots

Discours d’ouverture
Claude ALBERTI

Rapporteur

Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux, Messieurs les conseillers techniques, Mesdames et Messieurs les représentants de la presse, je vous souhaite la bienvenue à ces troisièmes rencontres départementales sur l’impact des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Notre première journée a remporté un vif succès. Ce succès tient à la fois à la qualité des interventions, qui ont été claires et précises, et aux thèmes abordés, qui ont été variés et riches. Cette deuxième journée sera particulièrement consacrée à l’étude des impacts des NTIC sur le travail. Cette journée sera l’occasion de donner la parole aux acteurs directement concernés, c'est-à-dire aux chefs d’entreprises et aux travailleurs eux-mêmes.

I. Les NTIC, un nouvel outil au service du travail

1. La modification des modes opératoires du travail

Il est clair que les NTIC ont eu des impacts très importants sur le travail et il est évident qu’elles ont changé la manière de travailler. Elles ont également modifié la nature des tâches effectuées dans le cadre du travail. Au travers des exemples qui vous seront apportés en fin de matinée, nous verrons comment la manière d’exercer l’activité a été impactée par les NTIC. La façon de recueillir l’information a également changé, comme la façon de traiter, d’échanger et de communiquer l’information.
Un des exemples les plus frappants est le développement d’Internet et notamment le développement des messageries électroniques – les boîtes mail –, qui sont aujourd'hui un outil indispensable et très utile dans la sphère du travail. Au niveau des systèmes d’information, le développement des réseaux Intranet a aussi entraîné d’importants changements.

2. La redéfinition des fonctions traditionnelles

Avec les NTIC, des tâches, des fonctions et des activités vont se créer, évoluer et disparaître.
Des métiers apparaissent, notamment en matière de conception de nouveaux outils des NTIC. Citons l’administration de bases de données et de bases de connaissances. Citons aussi le métier de logisticien. De nouveaux métiers vont aussi apparaître, en raison de l’usage qui est fait des NTIC. Pensons ici au développement très important du métier de webmaster, qui n’existait pas avant l’avènement des NTIC.
En outre, d’autres métiers – comme nous l’avons notamment constaté, hier, lors de l’exposé de Monsieur Moreau – vont évoluer sous la fluidité, la densité et sous l’interactivité de l’information désormais potentiellement disponible. Vont par exemple évoluer les métiers de journaliste, de documentaliste et les métiers liés à la recherche. D’autres métiers vont aussi évoluer en fonction de l’usage qui est fait de l’information. Il s’agit notamment des métiers de la logistique, du transport ou de la gestion commerciale, qui utilisent de plus en plus le e-commerce.
Enfin, des métiers vont disparaître parce que les tâches vont soit être intégrées dans des processus informatiques nouveaux – pensons à tous les nouveaux logiciels, au procédé de la numérisation –, soit être recomposées ou fondues dans un nouveau métier.

II. Les impacts des NTIC sur l’organisation du travail

Dans la pratique, une chose semble évidente : les impacts sur le travail sont classés en quatre grands thèmes.

1. Sur le lieu de travail

Avec les NTIC, on travaille beaucoup au bureau, d’une part, mais de plus en plus à l’extérieur, d’autre part. Désormais, le travail s’effectue avec les clients ou auprès d’eux, à domicile, parfois dans les transports – on le voit de plus en plus dans le métro de Lyon – ou à l’hôtel. Logiquement, vont se poser des questions d’arbitrage entre la vie personnelle et la vie professionnelle, le travail pouvant soit s’exercer dans l’espace de travail, au bureau, ou dans un espace autre, plus privatif. Des questions d’arbitrage collectif vont aussi se poser, notamment au regard du développement du télétravail, qui va impliquer le développement de nouvelles règles et de nouveaux comportements vis-à-vis du travail.

2. Sur les acteurs du travail

Nous examinerons particulièrement le cas des cadres, avec l’exposé de Monsieur Dubuffet. Les cadres vont voir leurs fonctions fortement évoluer, le plus souvent vers l’animation d’équipes et de collaborateurs qui vont présenter un fort caractère d’autonomie. Ces équipes pourraient presque être qualifiées de virtuelles. Cependant, si les collaborateurs peuvent à la fois être dans une situation de grande indépendance physique, ils vont toutefois travailler dans une plus grande dépendance vis à vis du réseau d’information duquel le travail dépend directement.

3. Sur le temps de travail

Avec les NTIC, va se poser la question des horaires et du temps de travail. Si les NTIC apportent à la fois de l’autonomie, de la souplesse et de la réactivité, elles vont aussi engendrer du contrôle et de la dépendance. Ce contrôle va parfois pouvoir apparaître excessif et être mal vécu. C’est vrai, le temps de travail a désormais plus de mal à être quantifié et peut déborder sur des instants plus personnels, et notamment sur la sphère familiale et privée.

4. Sur les conditions de travail

Ce quatrième impact découle directement de ce que je viens de dire et porte sur les conditions et sur la nature même des contrats de travail. Quoi qu'il en soit, je ne développerai pas cet aspect, afin de ne pas empiéter sur les exposés de mes collègues. Il s’agira ici d’évoquer les problèmes de stress, de fixation de la charge de travail ou d’ergonomie du poste de travail.