Transcription

Transcription : 955 mots

Discours d’ouverture
Claude ALBERTI

Rapporteur

Bonjour. Bonjour à tous. Prenez place rapidement. Merci de prendre place. Mon micro fonctionne ? Tout le monde m’entend bien ? Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux, Messieurs les conseillers techniques, Mesdames et Messieurs les représentants de la presse, je vous souhaite la bienvenue à ces troisièmes rencontres départementales sur l’impact des NTIC, les fameuses Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Notre première journée, ensemble, a remporté un vif succès. Ce succès, on l’a vu, tient à la fois à la qualité des interventions qui, pendant la journée d’hier, ont été claires et précises et aussi aux thèmes abordés, qui ont été variés et riches. La journée d’aujourd'hui, notre deuxième journée, sera particulièrement consacrée à l’étude des impacts des NTIC sur le travail. Cette journée sera l’occasion de donner la parole aux acteurs étant directement concernés, à savoir les chefs d’entreprises et aussi les travailleurs eux-mêmes.
Concernant le travail, il est clair que les NTIC ont eu des impacts très importants et il est évident qu’elles ont changé la manière de travailler. Elles ont aussi changé la nature des tâches effectuées dans le cadre du travail. On verra notamment avec les exemples concrets qui vous seront apportés en fin de matinée, que la manière d’exercer l’activité a été impactée par les NTIC. La façon de recueillir l’information a aussi changé, comme la façon de traiter l’information, la façon d’échanger l’information et aussi, enfin, la façon de communiquer. Un des exemples les plus frappants est le développement d’Internet et surtout, c’est vrai, qui pourrait le nier, le développement des messageries électroniques – les boîtes mail –, qui sont devenues aujourd'hui un outil indispensable et très utile dans la sphère du travail. Par exemple, au niveau des systèmes d’information, le développement des réseaux Intranet a aussi entraîné de grands changements.
On le verra, avec les NTIC, des tâches, des fonctions et des activités vont se créer, évoluer et aussi disparaître. Des métiers apparaissent, que ce soit dans la conception de nouveaux outils ; en matière de conception de nouveaux outils des NTIC. Je pense à l’administration de bases de données et de bases de connaissances. On peut aussi parler du métier de logisticien. De nouveaux métiers vont aussi apparaître, en raison de l’usage qui est fait des NTIC. On pense notamment ici au développement très important du métier de webmaster qui n’existait bien évidemment pas avant le développement des NTIC. Nous l’avons vu – c’était notamment un des thèmes évoqués hier, en fin de journée, par Monsieur Moreau, lors de notre première journée –, d’autres métiers vont évoluer sous la fluidité, sous la densité et, on pourrait dire, sous l’interactivité de l’information, qui est désormais potentiellement disponible. Les métiers qui vont évoluer sont par exemple les métiers de journaliste, les métiers de documentaliste et les métiers qui sont liés à la recherche. D’autres métiers vont aussi évoluer en fonction de l’usage qui est fait de l’information. On pense à tous les métiers de la logistique, du transport ou de la gestion commerciale, qui utilisent de plus en plus le e-commerce. Enfin, le constat est clair : des métiers vont disparaître parce que les tâches vont soit être intégrées dans des processus informatiques nouveaux – on pense à tous les nouveaux logiciels, au procédé de la numérisation –, soit recomposées, fondues dans un nouveau métier.
Dans la pratique, il apparaît une chose évidente : en fait, les impacts sur le travail sont classés en quatre grands thèmes. Tout d’abord les impacts vont concerner le lieu de travail. Désormais, avec les NTIC, on travaille, c’est vrai, beaucoup au bureau, mais aussi de plus en plus à l’extérieur. On va travailler avec les clients, auprès d’eux. On va travailler à domicile. On va aussi pouvoir travailler parfois dans les transports – on le voit de plus en plus dans le métro de Lyon – ou à l’hôtel. A partir de là vont se poser des questions d’arbitrage entre la vie personnelle et la vie professionnelle, parce que le travail peut soit s’exercer dans l’espace de travail, au bureau, mais aussi dans un espace autre, plus privatif. Vont aussi se poser des questions d’arbitrage collectif, notamment au regard du développement du télétravail, qui va impliquer le développement de nouvelles règles, de nouveaux comportements vis-à-vis du travail.
Le deuxième impact des NTIC sur le travail concerne les acteurs du travail. Nous nous arrêterons particulièrement sur le cas des cadres, avec l’exposé de Monsieur Dubuffet. Les cadres vont voir leurs fonctions fortement évoluer, le plus souvent vers l’animation d’équipes et de collaborateurs qui vont présenter un fort caractère, comment dirais-je, d’autonomie. Mais si les équipes pourraient être presque virtuelles, parce que les individus pourront être à la fois dans une situation de grande indépendance physique, il faut le prendre en compte, ils vont travailler dans une plus grande dépendance vis-à-vis du réseau d’information duquel le travail dépend directement.
Ensuite, les NTIC vont aussi produire un impact sur le temps du travail. En effet, vont alors se poser les questions des horaires et du temps de travail. Si les NTIC apportent à la fois de l’autonomie, c’est vrai, de la souplesse et de la réactivité, les NTIC vont aussi entraîner du contrôle et de la dépendance. Ce contrôle va parfois pouvoir apparaître excessif ou mal vécu. C’est vrai que le temps de travail a un peu plus de mal à être quantifié et va pouvoir déborder sur des instants qui sont plus personnels, et notamment sur la sphère familiale et sur la sphère privée.
Enfin, nous verrons cet après-midi qu’un quatrième impact existe, qui découle directement de ce que je viens de dire. Cet impact porte sur les conditions de travail et sur la nature même des contrats de travail. Mais je souhaite, dans cette introduction m’arrêter là, afin de ne pas vous révéler des choses que mes collègues pourront vous dire. C’est tous les problèmes de stress, de fixation de la charge de travail ou ce qui concerne l’ergonomie du poste de travail. Voilà.